Bonjour,
Comme vous le savez sûrement, Bernard était quelqu’un de plutôt discret. Nous avons donc choisi de mettre en lumière l’homme qu’il était en tant que papa et papi.
À la maison, les réveils avaient leur bande-son officielle : un énergique “Debout les gars, réveillez-vous !”, lancé avec toute la tendresse dont papa avait le secret. Eh oui, papa était aussi chanteur à ses heures perdues ! Il était même musicien, avec sa guitare qu’il aimait jouer, et il a transmis cette passion à l’un de ses fils.
Quand nous étions petits, l’autorité ne faisait pas beaucoup de place à la contestation, et sa voix pouvait vite remplir toute la pièce. Heureusement que maman était là pour arrondir les angles, car on ne transigeait pas avec les principes d’éducation de papa.
Dans cette ambiance très militaire, mes frères m’ont rappelé les fameuses séances de bricolage où nous étions réquisitionnés comme aides de camp. Les missions n’étaient pas toujours passionnantes… et parfois, notre seule tâche consistait simplement à regarder papa travailler ! Et, bien sûr, si la réparation ne fonctionnait pas, il fallait parfois trouver un coupable… et de préférence plaider coupable assez vite !
Concernant le bricolage, mon père était à la fois très doué et très pragmatique : l’idée était toujours de trouver une solution rapide à chaque problème.
L’exemple d’une solution rapide qui me vient en tête, c’est ce kart à pédales prévu à l’origine pour des enfants de 10 ans, que papa a adapté pour ses petits-enfants de 4 et 6 ans. Comme les petits n’arrivaient pas à atteindre les pédales, il a installé une luge-pelle rose, fixée avec du fil de jardinage sur le châssis, afin de créer un deuxième siège. Et à chaque fois que les petits voient ce kart, ils deviennent complètement fous de joie !
Parfois, certaines réparations rapides n’étaient pas durables et devaient donc être reprises plusieurs fois et pouvaient prendre un certain temps… au grand agacement de maman qui voulait une solution définitive et immédiate à chaque problème.
Un exemple de projet plus technique est le dernier chantier qu’il a entrepris : la rénovation de la charpente d’une pergola dont une poutre et un pilier avaient pourri. La structure faisait près de 3 mètres de haut pour une superficie d’environ 50 m², donc un chantier nettement plus complexe ! Aujourd’hui, nous pouvons profiter de repas en famille sans risque que la pergola nous tombe sur la tête !
Papa nourrissait une véritable passion pour l’informatique, passion qu’il a soigneusement transmise à ses quatre fils. Quant à sa fille, elle restera probablement la seule de la famille à avoir développé une résistance naturelle au virus informatique familial ! Et lorsqu’on parle de virus, impossible de ne pas évoquer son amour presque inconditionnel pour les produits Apple. Papa était un véritable “Apple addict” : je crois sincèrement qu’aucun appareil de la marque n’a réussi à lui échapper.
Il y a trois traits de caractère qui nous ont particulièrement marqués.
Le premier, c’est ton empathie envers les autres. Tu as toujours fait passer les autres avant toi. Que ce soit au service de l’État, ce métier qui comptait énormément pour toi, surtout lorsqu’il permettait d’aider les autres, ou pendant ton temps libre. Tu t’es investi comme pompier volontaire quand tu étais plus jeune, puis comme assesseur jusqu’à très récemment.
Le deuxième, c’est ton abnégation pour ta famille. Élever cinq enfants demandait une énergie de chaque instant, et papa a toujours répondu présent dans toutes les tâches du quotidien. Derrière chaque trajet, chaque réparation, chaque déménagement ou chaque service rendu, il y avait sa présence discrète mais constante pour faire avancer toute la famille.
On ne compte plus les galères où nous t’avons appelé pour un coup de main même en étant adulte, des travaux, des pannes de voiture en pleine nuit, des conseils fiscaux en période de déclaration d’impôt. Tu as toujours répondu présent, avec une bienveillance et une pédagogie qui nous ont tous marqués.
Le troisième trait qui nous a marqués, c’est ton stoïcisme face à la vie. Tu as toujours traversé les épreuves avec courage, sans jamais te plaindre ni renoncer. Toi qui avais une hygiène de vie irréprochable… à l’exception peut-être de ton fidèle Schweppes Tonic. Ta maladie, survenue à l’aube de la retraite, restera pour nous une profonde injustice. Pourtant, tu l’as affrontée avec dignité et lucidité, en cherchant jusqu’au bout à profiter du temps qui t’était donné, sans jamais perdre ton goût pour la vie.
On voulait terminer sur une note plus légère, alors on va vous parler du véritable super-pouvoir de papa : le barbecue. C’était un peu le roi des braises, capable de tout cuire à la perfection, de la chipolata au poulet en passant par l’andouillette… rien ne lui résistait, et c’était toujours délicieusement réussi !
On voulait aussi faire une mention spéciale aux parties de volley dans la piscine. Nous avons passé des heures dans l’eau à rire et à profiter de ces moments que nous aurions voulu voir durer éternellement.
Papa, on espère que là-haut, tu pourras continuer les barbecues et les parties de water-volley.
Concernant tes petits-enfants, tu as su tisser avec eux un lien fort et précieux qui les marquera à jamais. J’ai demandé à Timéo et Max quel était leur meilleur souvenir avec papi.
Timéo, 2 ans, m’a répondu : « câlins papi ».
Max, 7 ans, m’a parlé des balades à vélo le long du Var avec Iago, ton chien.
Papi, on espère que là-haut, tu pourras continuer les câlins et les balades à vélo.